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18 août 2021
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Aviation électrique : voler avec le Pipistrel Velis Electro

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Maxime Taran, chef du département des opérations pour la formation au pilotage/ENAC 

Depuis le 1er juin 2021, l’ENAC accueille un avion léger entièrement électrique le VELIS Electro du constructeur slovène Pipistrel. C’est le premier avion entièrement électrique au monde à recevoir un certificat de type – en l’occurrence délivré par l’EASA (Agence européenne de la sécurité aérienne), en juin 2020.

Après une charge d’1h, cet avion électrique est capable de voler environ 45 minutes à une vitesse de 170 km/h, et une charge offerte de près de 180 kg. Après 1h30 à 2h de charge, l’autonomie atteint 1h de vol.

Les deux avantages immédiats du Velis : l’avion est particulièrement silencieux et aucune consommation de carburant fossile donc émissions de gaz à effet de serre ou de polluants atmosphériques. 

Les objectifs d’utilisation de ce nouveau porteur sont multiples. En premier lieu, cela accompagne la nécessaire transition écologique de la formation au pilotage de l’ENAC et qui continuera par un renouvellement progressif de la flotte. Ensuite, il faut s’assurer que ce porteur est crédible pour les premières heures de formation d’un futur pilote de ligne. D’où l’expérimentation qui débute à compter du 1er septembre 2021, avec un second VELIS qui sera intégré à la flotte, afin que les stagiaires EPL du centre de Carcassonne puissent démarrer leurs 10 premières heures de formation sur l’avion électrique. Il a fallu adapter le rythme des séances à cause de sa très faible autonomie, et l’exploitation devra s’adapter aux temps de charge.





Xavier Pretat, manageur projet simulateur ATC au département ATM/ENAC

C’est dans le contexte décrit par Maxime, que je me vois proposer le test de ce Velis Electro. Étant pilote depuis 1991 avec 800h de vol sur de nombreuses machines allant du Cessna 206 au Jodel, difficile de refuser l’opportunité. Le Velis est une belle machine esthétiquement. Dès le premier regard on voit que cet avion va être « fin » à piloter. Le vol d’essai ne m’aura pas fait mentir sur ce point.

Mon pilote instructeur du jour, Patrick, me fait un briefing ultra complet sur le petit « jouet » électrique. Très intéressant ce briefing ! En résumé, tout est similaire à un autre avion sauf qu’il faut s’habituer à voir son autonomie affichée en continue. Celle-ci est fournie en minutes de vol restant en se basant sur la demande électrique instantanée – qui évolue au grès de la puissance demandée. Au décollage, plein gaz, on a à peine plus de 10 à 15 minutes affichées, puis en montée initiale on passe à 20 minutes pour enfin obtenir les 40 45 minutes arrivé stable en croisière.

Passé cette déconcertante « nouveauté », le Velis est un avion agréable à piloter. Les aéroclubs y trouveront une belle plateforme pour l’apprentissage initial jusqu’aux tours de piste. Les écoles de pilotages professionnelles, comme l’ENAC, préfèreront probablement se servir de cet avion uniquement dans le segment des heures de vol initiales de découverte au pilotage.

Évidemment, pour aller plus loin dans la formation, il faudrait 1 à 2 heures d’autonomie supplémentaires. Mais on est bien là en présence d’une première étape vers une aviation légère décarbonée. Le Velis est plus qu’un démonstrateur technologique.  Il est la preuve que le concept de l’avion électrique peut être utilisé opérationnellement. Ce n’est que le début !

 


Maxime Taran : IENAC 99, j'ai débuté par 8 années au centre en route de Reims en subdivision Etudes, puis 4 ans en Polynésie Française au service régulation économique, ingénierie et développement durable, puis 5 ans au département ATM de l'ENAC, avant d'arriver en 2019 à la Direction de la Formation au Pilotage et aux Vols de l'ENAC.


Xa
vier Pretat : passionné d'aviation depuis toujours, j'ai commencé à piloter à 14 ans. Devenu ingénieur du contrôle de la navigation aérienne en 1998, après 10 ans comme contrôleur aérien au centre en route de Reims je suis revenu à l'ENAC comme instructeur ATC puis dorénavant comme manageur de projet de simulateur ATC. Bientôt muté à la DTI (direction de technique et de l'innovation de la DSNA) comme expert sénior sur les sujets de Remote tower.

Crédit Photos : Julien Orssaud 




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